Informations utiles Ă la migration
Qu’est-ce que Ia libre circulation des personnes ?
La libre circulation des personnes consiste Ă permettre aux ressortissants des Etats membres d’une organisation d’intĂ©gration Ă©conomique (CEDEAO/UEMOA) de se dĂ©placer librement sur l’ensemble des territoires des Etats membres, d’y rĂ©sider et de s’y Ă©tablir en vue d’y exercer une activitĂ© Ă©conomique salariĂ©e ou indĂ©pendante.
Quels sont les droits qui me sont reconnus ?
En termes de droits conferés, la consécration par les droits communautaires UEMOA et CEDEAO de Ia libre circulation des personnes, emporte trois conséquences pour les particuliers:
- Le droit de se dĂ©placer et de sĂ©journer dans les Etats membres sans autorisation prĂ©alable : c’est le droit d’entrĂ©e et de sĂ©jour;
- Le droit de rĂ©sider sur le territoire d’un Etat membre autre que son Etat d’origine pour y rechercher et exercer un emploi salariĂ©: c’est le droit de rĂ©sidence;
- Le droit de rĂ©sider sur le territoire d’un Etat membre autre que son Etat d’origine pour y exercer une profession libĂ©rale (mĂ©decins, avocat, architecte par exemple) ou pour y crĂ©er une entreprise ou ouvrir un commerce: c’est ledroit d’Ă©tablissement.
Qu’est-ce que cela signifie?
Cela signifie que j’ai le droit d’accĂ©der au territoire de tout Etat membre d’accueil sans avoir besoin, au prĂ©alable, d’un visa d’entrĂ©e. Ce droit qui m’est reconnu n’est pas liĂ© Ă une activitĂ© Ă©conomique. Il s’agit donc du droit de quitter son territoire national et d’entrer sur le territoire de tout autre Etat membre sans entrave. En somme, aucun visa de sortie ou d’entrĂ©e ne peut m’être exigĂ© Ă cette occasion.
Droit de séjour
Pour les personnes physiques, cela signifie que j’ai le droit de rester et de circuler sur le territoire de l’Etat membre d’accueil sans que l’on puisse m’en “éloigner” (expulser) de mĂŞme que le droit d’y demeurer 90 jours dans des conditions de libertĂ© comparable Ă celles offertes aux nationaux. Ce droit de dĂ©placement et de sĂ©jour n’est pas liĂ© Ă une activitĂ© Ă©conomique. II s’agit en quelque sorte de la reconnaissance d’un droit au tourisme puisqu’il s’agit d’un sĂ©jour de courte durĂ©e
Droit d’Ă©tablissement
Je peux sĂ©journer (sĂ©jour de longue durĂ©e m’Ă©tablir) sur le territoire d’un membre autre que le mien pour y crĂ©er et gĂ©rer une enterprise ou un commerce de mĂŞme qu’accĂ©der et exercer une profession libĂ©rale (avocat, mĂ©decin architecte, etc.) avec la garantie d’ĂŞtre traitĂ© comme les nationaux du pays d’accueil.
Dans I’UEMOA, le droit d’Ă©tablissement est reconnu Ă plusieurs professions libĂ©rales (avocats, mĂ©decins, architectes, experts comptables, vĂ©tĂ©rinaires, pharmaciens, etc.).
Quelles sont les conditions de jouissance de ces droits?
- DĂ©tenir des documents de voyage en cours de validitĂ© (passeport national, passeport CEDEAO, carnet de voyage CEDEAO), la carte nationale d’identitĂ© n’est pas recevable parce que Ia police des frontières doit pouvoir apposer sur le document de voyage le cachet avec la date d’entrĂ©e;
- DĂ©tenir un carnet de vaccination Ă jour, c’est-Ă -dire comportant les vacci-
nations internationales requises en cours de validité;
- ĂŠtre citoyen de la communautĂ©, c’est-Ă -dire ĂŞtre le national d’un Etat membre ou, en cas de double nationalitĂ©, ne pas possĂ©der une nationalitĂ© d’un Etat hors CEDEAO si le pays d’accueil est uniquement un Etat membre de la CEDEAO;
- ĂŠtre ressortissant d’un Etat de I’UEMOA, c’est-Ă -dire ĂŞtre le national d’un Etat membre si le pays d’accueil est un Etat membre de I’UEMOA. Dans I’UEMOA, Ia possession de la double nationalitĂ©, mĂŞme avec une nationalitĂ© hors UEMOA, ne prive pas du statut de ressortissant
Passer les frontières des Etats de la CEDEAO
Si je satisfais à toutes ces conditions, je ne dois verser aucune somme argent pour le franchissement de la frontière. Mais malgré la satisfaction de toutes ces exigences, la police des frontières peut me refuser l’accès du territoire si elle me considère comme immigrant inadmissible (article 4 Protocole A/P1/5/79 de Dakar du 25 mai 1979). La définition de la notion d’immigrant inadmissible est laissée à la discrétion de chaque Etat
Je dois Ă©galement savoir que la carte de rĂ©sident peut m’ĂŞtre refusĂ© discrĂ©tionnairement, c’est-Ă -dire sans que l’Administration soit obligĂ©e de motiver sa dĂ©cision. Dans ce cas, je dois quitter le territoire de l’Etat d’accueil dans le dĂ©lai qui m’est imparti (Article 15 de la DĂ©cision A/DEC.2/5/90 du 30 mai 1990).
Quelles sont les limitations aux droits conférés?
Les droits confĂ©rĂ©s au titre des droits d’entrĂ©e, de sĂ©jour, de rĂ©sidence et d’Ă©tablissement ne sont pas absolus. Ils peuvent faire l’objet de limitations. A ce titre, ils peuvent connaitre des restrictions pour plusieurs raisons:
- Des raisons d’ordre public (prĂ©sence susceptible de provoquer des troubles intĂ©rieurs, malfaiteur ou personne appartenant Ă un groupement jugĂ© dangereux, toxicomanie)
- Des raisons de sécurité publique (terrorisme par exemple);
- Des raisons de santé publique (épidémies, les maladies qui mettent en danger directement Ia santé publique, les maladies pouvant mettre en danger l’ordre public ou Ia sécurité publique: la toxicomanie, les altérations psycho-mentales grossières).
Certaines activitĂ©s ne sont pas incluses dans le processus de libĂ©ralisation. L’accès et l’exercice de ces activitĂ©s sont exclusivement rĂ©servĂ©s aux nationaux.
II s’agit :
- Des emplois dans la fonction publique;
- Des activités liées à la sécurité intérieure et à la défense nationale
Pour plus d’information, se rĂ©fĂ©rez aux textes suivants :
- Le Protocole A/SP1/5/79 de Dakar du 25 mai 1979 sur la libre circulation des personnes, le droit de rĂ©sidence et d’Ă©tablissement
- Le Protocole A/P/3/5/82 du 29 mai 1982, signé à Cotonou et portant code de Ia citoyenneté de Ia Communauté
- Le Protocole A/SP1/7/86 d’Abuja du 1er juillet 1986 relatif au droit de rĂ©sidence
- Le protocole A/SP2/5/90 de Banjul d’établissement du 29 mai 1990 relative au Droit d’établissement
Les informations figurant dans cette note sont extraites du fascicule « Guide sur la libre circulation des personnes et des biens en Afrique de l’Ouest », produit en Mai 2014 par le Laboratoire Citoyennetés, 06 BP 9037 Ouagadougou 06, Tél. 226 50 36 90 47, Email : ace.recit@fasonet.bf.Ces auteurs sont : Dr Luc Marius IBRIGA et Dr Kassem Salam SOURWEMA. Le fascicule a été produit avec le soutien de la Coopération suisse.